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...vous pouvez charger et visionner une courte vidéo sur une scène de transe "vodun" au Bénin... |
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un texte en anglais sur les "bocio" vodun Le royaume du Dahomey, aujourd'hui république du Bénin, se situait entre le Togo à l'ouest et le Nigeria à l'est. D'après la légende, il fut créé par la fille du roi de Tado, une Yoruba qui, venue chercher de l'eau dans la forêt, rencontra l'esprit léopard. De leur union naquit Agasu, ancêtre de tous les Fon. Les descendants d'Agasu fondèrent la ville sainte d'Allada. Vers 1600, trois de ses fils se disputèrent le trône. L'aîné l'emporta et les deux autres partirent fonder leurs royaumes, l'un sur la côte à Ajase-Ipo (l'actuelle Porto-Novo), l'autre à Abomey dans le nord. En 1700, les Français établirent une base de traite des esclaves sur la côte, à Ouidah. Le royaume d'Abomey devint bientôt une puissance de la côte des Esclaves, dotée d'une armée efficace, d'une monnaie de cauris et faisant un commerce important. En 1724, les Fon conquirent Allada, puis se frayèrent un accès jusqu'à l'océan Atlantique. Les divinités yoruba, déjà connues des Fon, furent réunies à celle des esprits locaux ewe et fon. L'art du Dahomey a été longtemps perçu comme une synthèse de ceux des ashanti, yoruba, ewe, des Ewe et des Yoruba ; en réalité, outre l'histoire royale, il exprime les concepts culturels du groupe. Il est tout d'abord un art de cour comprenant des callebasses gravées, des récades ou bâtons de commandement. Ces récades servaient également pour battre le rythme lors des cérémonies, et comme arme pour le bourreau, à qui il était interdit de verser le sang royal. Aussi lorsqu'un prince avait gravement fauté, la seule solution était de l'assommer et de le faire disparaître. Des objets de prestige en laiton ou en cuivre et des armes étaient fabriqués par les artisans qui vivaient à la cour. Ne formant pas de castes, ceux-ci formaient de véritables familles. Les palais construits par chaque roi dont les trônes étaient proches de ceux des Ashanti étaient décorés de panneaux en relief; d'autres objets ornaient les tombes. Le célèbre dieu du fer et de la guerre, Gu, brandit la lame de cérémonie gubasa dans chacune de ses mains. Il fut attribué à un forgeron de la cour des rois Ghezo et Glele et arriva au musée de l'Homme, à Paris, à la fin du XIXe siècle, couvert de ses attributs : chapeau et pendentif en laiton, cape de raphia et amulette en argent. Outre l'art de la cour, les Fon ont adopté les vodun (corruption du mot yoruba signifiant dieu), exportés au Brésil et en Haïti en même temps que les esclaves dont le commerce a été pratiqué sur une grande échelle pendant plus de deux siècles. D'abord affirmation d'un monde surnaturel, le vodun est constitué également par une série de procédures diverses permettant d'entrer en relation avec le monde de l'au-delà. Les membres du vodun demandent à leur religion une efficacité directe dans ce monde-ci et une garantie dans l'au-delà. Les Fon du Dahomey et les Yoruba du Nigeria ont une culture sensiblement uniforme : sous des noms différents, les divinités ont des attributs et un rituel similaires. Le terme même du vodun est dahoméen, les Yoruba employant le terme d'orisha. Au sommet du panthéon dahoméen, règne Mawu, dieu suprême entouré de dieux apparentés, groupés en un panthéon parfois hiérarchisé. Aux grands dieux de la nature, s'ajoutent une multitude d'êtres divinisés : ancêtres des clans, monstres et fotus de lignées royales, dieux des tribus soumises qui ont été assimilés ou mêmes achetés, comme le serpent de Ouidah. Autrefois, les princes du Sud-Dahomey faisaient reposer leur puissance sur les vodun et en tiraient tous les avantages leur permettant d'assurer leur autorité. A Allada, à Abomey ou à Porto-Novo, l'un des ministres les plus importants était Yakioga, gardien des vodun tutélaires du royaume et ordonnateur des grandes cérémonies religieuses. De leur côté, les rois avaient également leurs devins personnels qui interprétaient la volonté des vodun.
A l'exception de Mawu, le créateur, tous les dieux sont représentés par des " fétiches " : pierres, plantes, bases, pièces de fer, statues anthropomorphes, bâtons en bois, monticules de terre, etc. A l'entrée de chaque agglomération, on trouve des vodun érigés en terre de barre, les yeux faits de cauris et fréquemment pourvus d'attributs virils : Legba, comparable à Hermès, joue les intermédiaires et est représenté par un bâton plus ou moins finement sculpté que l'on plante dans le sol. Hevioso (Shango en yoruba) est le dieu du tonnerre, Sakpata, celui de la variole et Gu celui de la guerre. Tous ont encore leurs sanctuaires et leurs couvents dans les villes et villages du Togo, du Dahomey et de l'ouest du Nigeria. Dans certaines régions, les cases sont étayées par un soubassement de statuettes en argile représentant les legba protecteurs de la maison, qui reçoivent parfois des libations quotidiennes. Au milieu de la cour, se dresse le xweli qui assure la cohésion de la maison (au sens de maisonnée), ou encore la case des ase, petits parasols en fer forgé, représentant les ancêtres défunts. Les fidèles ont le devoir de nourrir le dieu par des sacrifices et des offrandes qui lui donnent son efficacité. La musique et la danse sont étroitement liées au culte, notamment dans le rituel de possession, caractéristique majeure du vodun, grâce auquel s'opère la communication avec la divinité qui " chevauche " le danseur possédé et s'incarne ainsi en lui. Le culte est célébré par les prêtres qui affirment descendre des dieux et des premiers officiants. Le futur initié se sent " appelé " par la divination lors d'une cérémonie , accepté par les prêtres, il sera emmené dans un couvent ou " bosquet " pour subir une longue initiation de plusieurs mois ou de plusieurs années. Pendant cette période, l'initié perd sa langue maternelle pour acquérir la langue " sainte " qu'il utilisera dorénavant pendant chaque cérémonie. Rendu à la vie civile, il restera consacré au dieu et participera aux cérémonies en tant qu'" époux " du vaudou {vodun-si). Il réapprendra sa langue maternelle sans oublier toutefois la langue acquise pendant son initiation. Lors des fêtes, les initiés dansent ensemble et sont porteurs des couleurs de la divinité. Dans les vodun des "couvents", la partie
sculptée disparaît sous l'accumulation d'un matériel qui lui confère
sa puissance : mâchoires d'animal ou d'homme, pieux, taquets, cadenas,
clous, plumes, poils, ingrédients magiques, amulettes de toutes sortes
liées par de fines cordelettes, le tout Un fétiche ne peut être acheté sur le marché ; tous étaient cachés aux yeux du public. Pour le confectionner, on a recours à la divination du fa qui, par l'intermédiaire du devin, indiquera la liste des matériaux et les formules magiques qui devront accompagner sa fabrication pour le sacraliser. La géomancie du fa ou divination par des noix de palmier a été élaborée par un clergé instruit. Fa personnifie le destin ; à chaque naissance et à chaque étape de l'initiation, on le consulte comme pour chaque voyage ou une quelconque entreprise. Le préposé au fa est rétribué par le consultant, il officie à l'aide de noix jetées sur un plateau, parfois très bien sculpté. La divination par le fa est aussi utilisée pour les décisions politiques ou culturelles : les devins sont alors les mandataires du pouvoir. Après le devin, le féticheur entre en scène. Mais pour acquérir une grande renommée, il doit avoir une connaissance approfondie de la pharmacopée. Le culte du vodun, encore très actif à l'heure actuelle, n'est pas unique, mais il a pris une ampleur exceptionnelle dans cette région de l'Afrique où il est né. A. LE HÉRISSÉ, L'Ancien Royaume du Dahomey,
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